{"id":951,"date":"2021-09-06T09:35:16","date_gmt":"2021-09-06T07:35:16","guid":{"rendered":"https:\/\/lalectureartiste.fr\/?page_id=951"},"modified":"2021-09-06T13:02:03","modified_gmt":"2021-09-06T11:02:03","slug":"introduction-notions-methodologie-axes-de-recherche","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/lalectureartiste.fr\/index.php\/introduction-notions-methodologie-axes-de-recherche\/","title":{"rendered":"Introduction &#8211; Notions, m\u00e9thodologie, axes de recherche"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-page\" data-elementor-id=\"951\" class=\"elementor elementor-951\" data-elementor-settings=\"[]\">\n\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-section-wrap\">\n\t\t\t\t\t\t\t<section class=\"elementor-section elementor-top-section elementor-element elementor-element-52a88ce elementor-section-full_width elementor-section-height-default elementor-section-height-default\" data-id=\"52a88ce\" data-element_type=\"section\">\n\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-container elementor-column-gap-default\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-column elementor-col-100 elementor-top-column elementor-element elementor-element-2fdf582\" data-id=\"2fdf582\" data-element_type=\"column\">\n\t\t\t<div class=\"elementor-widget-wrap elementor-element-populated\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-04aa332 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"04aa332\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-widget-container\">\n\t\t\t\t\t\t\t<p><strong>par Lison No\u00ebl<\/strong><\/p><p>Bonjour \u00e0 toutes et \u00e0 tous. Merci de votre pr\u00e9sence. \u00c9meline Jaret, Jean-Max Colard, Umut Ungan et moi-m\u00eame vous souhaitons la bienvenue \u00e0 cette journ\u00e9e d&#8217;\u00e9tude qui est le deuxi\u00e8me temps de notre premier \u00e9v\u00e9nement d\u00e9but\u00e9 hier au Centre Pompidou. Nous remercions nos partenaires, le Centre Pompidou et le Service de la Parole, ainsi que le Centre Andr\u00e9 Chastel (laboratoire d\u2019histoire de l\u2019art de la Sorbonne Universit\u00e9), et en particulier R\u00e9za Kettouche pour son aide pr\u00e9cieuse dans l\u2019organisation de cet \u00e9v\u00e9nement. Merci enfin aux intervenants et intervenantes d\u2019hier et d&#8217;aujourd&#8217;hui.<\/p><p>Hier, nous avons entendu Claude Rutault et Mich\u00e8le Didier, et \u00c9milie Pitoiset, Shantidas Riedacker et Matthieu Canaguier ont perform\u00e9 une <a href=\"https:\/\/www.centrepompidou.fr\/fr\/ressources\/media\/XeYA3e5\">lecture-concert<\/a> qui est le r\u00e9sultat d&#8217;une double-lecture du personnage d&#8217;Oph\u00e9lie, l&#8217;Oph\u00e9lie de William Shakespeare et l&#8217;Oph\u00e9lie d&#8217;Heiner M\u00fcller.<\/p><p>Aujourd&#8217;hui, il s\u2019agit de poursuivre une recherche collective sur la lecture-artiste, que nous voulons inscrire dans le temps. Je vais d&#8217;abord t\u00e2cher d&#8217;amener un certain nombre d&#8217;\u00e9l\u00e9ments pour d\u00e9finir la notion de lecture-artiste, pour justifier son usage et les perspectives de recherche qu&#8217;elle offre, pour introduire les cas d&#8217;\u00e9tude que vous entendrez ensuite et pour poser les bases d&#8217;une th\u00e9orie de la lecture-artiste.<\/p><p>D&#8217;abord, quelques mots sur l&#8217;origine de cette notion de lecture-artiste. J&#8217;y ai eu recours lors de mon travail de th\u00e8se, qui portait sur la r\u00e9ception du Nouveau Roman par les artistes am\u00e9ricains dans les ann\u00e9es 1960 et 1970. Cette notion est apparue au moment de ma recherche o\u00f9 il s&#8217;est agi de constater les caract\u00e9ristiques de la lecture de ce corpus romanesque par ces artistes. La fa\u00e7on dont ces artistes lisaient avait peu \u00e0 voir avec la lecture dite litt\u00e9raire d\u00e9crite par les th\u00e9ories de la r\u00e9ception de la litt\u00e9rature, qui \u00e9taient ma source principale d&#8217;\u00e9tudes sur la lecture. Pour le dire vite, la lecture litt\u00e9raire est une lecture approfondie, \u00e9rudite, attentive aux intentions des auteurs et autrices et elle s&#8217;inscrit dans une recherche d&#8217;une forme de v\u00e9rit\u00e9 des \u0153uvres. Au contraire, les lectures des artistes que j&#8217;observais \u00e9taient parfois superficielles, partielles voire \u00e9taient des non-lectures et des m\u00e9lectures, elles se pr\u00e9occupaient peu des intentions des auteurs et autrices et consistaient pour les artistes \u00e0 choisir dans les \u0153uvres litt\u00e9raires ce dont ils et elles pourraient faire usage. Il me semblait donc qu&#8217;il fallait donner un nom \u00e0 ces mani\u00e8res de lire et j&#8217;ai propos\u00e9, apr\u00e8s des discussions avec Jean-Max Colard, de les rassembler sous le nom de \u00ab lecture-artiste \u00bb, que nous d\u00e9finissons\u00a0 comme l\u2019ensemble des pratiques et usages de la lecture par les artistes.<\/p><p>La \u00ab lecture-artiste \u00bb est donc une mani\u00e8re de lire des artistes. Dans ce mot compos\u00e9, \u00ab artiste \u00bb agit comme un qualificatif : il vient qualifier l&#8217;activit\u00e9 de lecture des artistes. Pourquoi la qualifier ? Parce que cette mani\u00e8re de lire est une r\u00e9alit\u00e9 qu&#8217;il nous semble pertinent d&#8217;interroger et que pour ce faire, il est n\u00e9cessaire d&#8217;abord de la qualifier, puis de d\u00e9finir cette lecture qualifi\u00e9e devenue un substantif d\u00e9crivant une r\u00e9alit\u00e9 peu \u00e9tudi\u00e9e frontalement.<\/p><p>Pourquoi interroger la lecture-artiste ? Depuis l&#8217;histoire de l&#8217;art et de la po\u00ef\u00e9tique, l&#8217;\u00e9tude de la lecture-artiste est un biais pour analyser les processus cr\u00e9atifs des artistes et la g\u00e9n\u00e9alogie des \u0153uvres plastiques. Depuis les sociologies de la r\u00e9ception et de la lecture, l&#8217;examen de la lecture-artiste permet d&#8217;\u00e9largir le champ d&#8217;\u00e9tude traditionnellement concentr\u00e9 sur les deux cat\u00e9gories de lectures que sont la lecture litt\u00e9raire et la lecture dite \u00ab non litt\u00e9raire \u00bb. Depuis les \u00e9tudes litt\u00e9raires, l&#8217;analyse de la lecture-artiste permet de faire retour sur les \u0153uvres lues et de leur offrir un nouvel \u00e9clairage. Elle permet le \u00ab surgissement d\u2019une nouvelle intelligence de l\u2019\u0153uvre \u00bb (1) selon le th\u00e9oricien de la r\u00e9ception Hans-Robert Jauss, en d\u00e9couvrant certains des \u00ab potentiels de signification \u00bb (2) infinis du texte, selon son acolyte de l\u2019Ecole de Constance Wolfgang Iser.<\/p><p>Nous avons d\u00e9fini la lecture-artiste comme \u00ab l\u2019ensemble des modes de lecture et usages de la lecture par les artistes \u00bb. Les <i>modes <\/i>de lecture des artistes renvoient \u00e0 la question \u00ab comment lisent les artistes ? \u00bb. Leur \u00e9tude inclut des questions de postures, d&#8217;\u00e9tats, de manies de lecture, de rythmes, d&#8217;alternance et\/ou de simultan\u00e9it\u00e9 de la lecture et de la production artistique, de lien \u00e0 l&#8217;objet livre ou aux diff\u00e9rents supports de l&#8217;\u00e9crit, papier, num\u00e9rique ou autres.<\/p><p>Les <i>usages <\/i>de la lecture par les artistes renvoient \u00e0 la question \u00ab que font les artistes de leurs lectures ? \u00bb, qui est le sous-titre de notre \u00e9v\u00e9nement et ce sur quoi les communications qui suivront se concentreront.<\/p><p>Enfin, la d\u00e9finition de la lecture-artiste que nous proposons est celle d&#8217;un <i>ensemble <\/i>de modes et d&#8217;usages. C&#8217;est un ensemble h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, car la lecture-artiste rend compte d&#8217;une r\u00e9alit\u00e9 multiple, diverse. Il n&#8217;existe pas une lecture-artiste mais des lectures-artistes, et leur nombre est infini.<\/p><p>Notre recherche \u00e0 peine amorc\u00e9e doit donc d\u00e9j\u00e0 renoncer, renoncer \u00e0 inventorier de mani\u00e8re exhaustive les lectures-artistes, les livres lus, les \u0153uvres produites par la lecture-artiste. Notre recherche s&#8217;affronte d\u00e9j\u00e0 \u00e0 une taxinomie impossible, parce que les lectures-artistes sont infinies, diff\u00e9rentes, et de nouvelles s&#8217;inventent \u00e0 chaque instant. \u00ab De l&#8217;usage (&#8230;), \u00e9crit Marielle Mac\u00e9, naissent les diff\u00e9rences \u00bb, des diff\u00e9rences d&#8217;un nombre infini qui rend donc la taxinomie impossible. Mais Marielle Mac\u00e9 poursuit : \u00ab des diff\u00e9rences rena\u00eet en permanence la puissance de l&#8217;usage \u00bb (3). Cet ensemble de modes et usages ne sera pas r\u00e9pertori\u00e9, mais c&#8217;est le moindre de ses int\u00e9r\u00eats de l&#8217;\u00eatre. L&#8217;int\u00e9r\u00eat de prendre en consid\u00e9ration cet ensemble r\u00e9side dans l&#8217;opportunit\u00e9 qu&#8217;il nous offre de constater et explorer cette \u00ab puissance \u00bb de l&#8217;usage, au sens de capacit\u00e9 et pouvoir de faire ; et d&#8217;observer, de d\u00e9crire et d&#8217;\u00e9tudier les ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la lecture-artiste, ph\u00e9nom\u00e8nes souvent impalpables. Ce sont en effet des op\u00e9rations qui \u00e9chappent \u00e0 toute attente et \u00e0 toute pr\u00e9vision, au moment o\u00f9 existe ce \u00ab rapport dynamique qui unit [l&#8217;artiste] \u00e0 son \u0153uvre pendant qu&#8217;il est aux prises avec elle \u00bb qu\u2019\u00e9voque Ren\u00e9 Passeron (4).<\/p><p>Je fais une parenth\u00e8se ici pour dire que nous ouvrons l&#8217;\u00e9tude de la lecture-artiste par l&#8217;\u00e9tude des usages des artistes plasticiens et plasticiennes, mais qu&#8217;on pourra \u00e9galement \u00e9tudier ses enjeux chez les cin\u00e9astes, les musiciens et musiciennes, les architectes, les auteurs et autrices de bandes-dessin\u00e9es et de jeux vid\u00e9o, et les \u00e9crivains et \u00e9crivaines.<\/p><p>La lecture-artiste est op\u00e9r\u00e9e par des lecteurs et lectrices qui ne sont ni id\u00e9aux\u00b7ales, ou implicites (lecteurs et lectrices que demande le texte et qui se plient \u00e0 l&#8217;attente du texte), ou comp\u00e9tent\u00b7es, ou parfait\u00b7es, pour reprendre les termes des th\u00e9ories de la r\u00e9ception de la litt\u00e9rature. Elles et ils sont au contraire des lecteurs et lectrices d\u00e9ficient\u00b7es, imparfait\u00b7es, anarchiques, irr\u00e9v\u00e9rencieux\u00b7euses, producteur\u00b7rices de contresens et de m\u00e9compr\u00e9hensions. Elles et ils ne lisent pas pour \u00e9valuer. \u00ab Une lecture-artiste met en suspens. Elle cr\u00e9e un hiatus qui interrompt toute lecture normative \u00bb, nous dira tout \u00e0 l\u2019heure Barbara Bourchenin.<\/p><p>La lecture des artistes est volontiers partielle, partiale, s\u00e9lective, simplificatrice, impr\u00e9visible, et surtout, cr\u00e9atrice. L&#8217;\u00e9tude de leur lecture permet d&#8217;en observer une actualisation, une \u00ab activation \u00bb qui se heurte par sa diversit\u00e9 \u00e0 toute g\u00e9n\u00e9ralisation th\u00e9orique. Il s&#8217;agit d&#8217;examiner un cas pratique de r\u00e9ception, une lecture r\u00e9elle, empirique, doublement concr\u00e8te : concr\u00e8te parce que les lecteurs et lectrices sont concret\u00b7es et parce que la lecture se concr\u00e9tise dans des pens\u00e9es et des \u0153uvres. Les artistes constituent une cat\u00e9gorie de lecteurs et lectrices capables de transformer leur lecture en \u0153uvres d&#8217;art, de la rendre op\u00e9rante dans le champ artistique.<\/p><p>Parce que la lecture-artiste est une lecture productive, que les artistes en font usage, la lecture-artiste est utilitaire. Chaque lecture a un effet, qui s&#8217;imprime quelque part dans la m\u00e9moire des artistes, qui mod\u00e8le leur pens\u00e9e, l&#8217;oriente, parfois de mani\u00e8re infime, mais il n&#8217;existe \u00e0 notre sens pas de lecture st\u00e9rile. Postulons que chaque lecture importe, seul son degr\u00e9 d&#8217;importance varie. Chaque livre s&#8217;offre comme un r\u00e9servoir d&#8217;id\u00e9es et d&#8217;images, une bo\u00eete \u00e0 outils, qui re\u00e7oit des attentions de diverses intensit\u00e9s. Certains mots font mouche, certains livres \u00ab parlent \u00bb plus aux artistes que d&#8217;autres, les artistes en font des usages plus ou moins signal\u00e9s, identifiables ou conscients, mais la lecture nourrit les artistes.<\/p><p>Elle les nourrit de diff\u00e9rentes mani\u00e8res, qui se compl\u00e8tent parfois\u00a0 : en d\u00e9clenchant des id\u00e9es ; en fournissant des id\u00e9es \u00e0 poursuivre ou \u00e0 d\u00e9tourner, en formant leur pens\u00e9e ; en les faisant sortir d&#8217;eux ou d\u2019elles-m\u00eames pour y mieux revenir apr\u00e8s divers d\u00e9tours ; en leur offrant un appui, en l\u00e9gitimant leurs id\u00e9es ; en leur offrant une filiation. Par exemple, Pauline Nob\u00e9court nous parlera tout \u00e0 l\u2019heure de ce qu&#8217;elle appelle la \u00ab parent\u00e9 structurelle \u00bb entre l&#8217;\u00e9crivain Patrick Modiano et le peintre Marc Desgrandchamps. La lecture nourrit les artistes enfin en les accompagnant pendant la cr\u00e9ation ; en alimentant des id\u00e9es d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sentes en elles et eux \u00e0 travers le ph\u00e9nom\u00e8ne de reconnaissance ; et en leur offrant un espace de confrontation et d&#8217;affirmation : si les livres aim\u00e9s par les artistes sont certainement les premiers \u00e0 identifier, il s&#8217;agit \u00e9galement de porter notre attention sur les livres mal aim\u00e9s.<\/p><p>Les artistes font donc un usage productif de la lecture, ce qui pousse \u00e0 son paroxysme l&#8217;id\u00e9e du lecteur ou de la lectrice \u2013 artiste ou non \u2013 comme producteur ou productrice d\u00e9velopp\u00e9e peu \u00e0 peu par les th\u00e9ories successives de la r\u00e9ception litt\u00e9raire depuis les ann\u00e9es 1970. Celles-ci donnent au fil des ann\u00e9es un r\u00f4le de plus en plus actif au lecteur et \u00e0 la lectrice. S&#8217;il est ainsi aujourd&#8217;hui admis que toute lecture r\u00e9sulte d&#8217;une production de la part du lecteur, les artistes compl\u00e8tent la \u00ab production silencieuse \u00bb de l&#8217;activit\u00e9 liseuse, comme la qualifie Michel de Certeau, par une production plus \u00ab bruyante \u00bb, quand elles et ils font part de leurs r\u00e9flexions artistiques en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 des lectures ou en produisant des \u0153uvres qui sont le r\u00e9sultat de ces derni\u00e8res. Les artistes assimilent, s&#8217;approprient leurs lectures avant d&#8217;en faire repara\u00eetre certains aspects de mani\u00e8re plus ou moins directe, fid\u00e8le, d\u00e9form\u00e9e, d\u00e9clin\u00e9e, recompos\u00e9e, retravaill\u00e9e, reconstruite, traduite et parfois m\u00e9connaissable dans des \u0153uvres plastiques qui sont alors au moins partiellement une concr\u00e9tisation de leurs lectures.<\/p><p>Mais il s&#8217;agit \u00e9galement de tenter, dans l&#8217;\u00e9tude de la lecture-artiste, d&#8217;identifier des usages moins directs, qui s&#8217;insinuent dans la pens\u00e9e artistique \u00e0 travers des d\u00e9placements, des transferts, indirects et subtils, relevant de la transmission impalpable d&#8217;id\u00e9es, de conceptions, de r\u00e9flexions souvent inexplicables par nous et par les artistes eux-m\u00eames et qui font partie de l&#8217;ensemble de \u00ab ce qui n&#8217;a pas besoin d&#8217;\u00eatre explicit\u00e9 pour fonctionner \u00bb, pour emprunter une formule \u00e0 Nathalie Heinich. Nous nous devons d&#8217;adopter une posture modeste : l&#8217;\u00e9tude de la lecture-artiste la plus ambitieuse ne saurait rendre compl\u00e8tement compte de ces ph\u00e9nom\u00e8nes, de cette r\u00e9alit\u00e9 de ce que fait la lecture des artistes aux \u0153uvres qu&#8217;elles et ils produisent.<\/p><p>L&#8217;\u00e9tude de la lecture-artiste s&#8217;inscrit dans la po\u00ef\u00e9tique, en tant qu&#8217;ensemble des \u00e9tudes qui portent sur l&#8217;instauration de l\u2019\u0153uvre \u00bb (5), comme la d\u00e9finit Passeron. Paul Val\u00e9ry quant \u00e0 lui liste les aspects auxquels recourir pour \u00e9tudier cette instauration de l\u2019\u0153uvre : \u00ab \u00e9tude de l&#8217;invention et de la composition, le r\u00f4le du hasard, celui de la r\u00e9flexion, celui de l&#8217;imitation ; celui de la culture et du milieu, d&#8217;autre part, l&#8217;examen et l&#8217;analyse des techniques, proc\u00e9d\u00e9s, instruments, mat\u00e9riaux, moyens et supports d&#8217;action. \u00bb (6) La lecture-artiste peut intervenir dans chacun de ces aspects : l&#8217;invention peut \u00eatre d\u00e9clench\u00e9e par la lecture ; la composition peut \u00eatre la transposition de choix compositionnels dans l&#8217;\u00e9criture d&#8217;un livre ; le hasard peut jouer un r\u00f4le dans la rencontre d&#8217;un artiste avec un livre ; la r\u00e9flexion peut \u00eatre aliment\u00e9e par une lecture ; l&#8217;imitation d&#8217;un style litt\u00e9raire transpos\u00e9 en style plastique peut \u00eatre \u00e0 l\u2019origine d&#8217;une \u0153uvre ; le r\u00f4le de la culture et du milieu jouent un r\u00f4le important dans le choix des lectures des artistes. Enfin, certaines techniques, proc\u00e9d\u00e9s, instruments, mat\u00e9riaux, moyens et supports d&#8217;action peuvent \u00eatre emprunt\u00e9s \u00e0 des \u0153uvres livresques. La lecture-artiste pourrait alors prendre part \u00e0 la po\u00ef\u00e9tique de fa\u00e7on transversale.<\/p><p>J&#8217;aimerais d\u00e9sormais pr\u00e9senter quelques aspects de la lecture-artiste qu&#8217;il me semblerait f\u00e9cond d&#8217;approfondir, quelques suggestions de recherche, qui parfois se recoupent et sont amen\u00e9es \u00e0 s&#8217;alimenter mutuellement, pour lancer des pistes et des perches.<\/p><p>D&#8217;abord, on pourra s&#8217;int\u00e9resser aux mani\u00e8res dont les artistes rencontrent les livres et les auteurs et autrices qu&#8217;elles et ils lisent, quels sont les interm\u00e9diaires entre elles, eux et les livres, du hasard aux passeurs et passeuses : les professeurs et professeures, les biblioth\u00e8ques et les maisons d\u2019\u00e9dition qui leur font prendre connaissance de l&#8217;existence de livres et qui les rendent accessibles aux artistes. Si la lecture-artiste est volontiers d\u00e9contextualis\u00e9e, dans le sens o\u00f9 elle n&#8217;est pas contrainte \u00e0 prendre en compte le contexte d&#8217;\u00e9criture des livres, elle est en revanche contextualis\u00e9e dans le sens o\u00f9 la rencontre entre un livre et un artiste se fait \u00e9videmment dans un certain contexte socio-historique, que l&#8217;\u00e9tude de la lecture-artiste doit prendre en compte. Beno\u00eet Jodoin nous dira cet apr\u00e8s-midi qu&#8217;\u00ab<i> envisager la lecture comme usage, c\u2019est l\u2019envisager comme un \u00ab faire \u00bb qui accorde une place plus grande aux lecteurs, c\u2019est-\u00e0-dire aux corps, aux paroles, aux subjectivit\u00e9s, aux choix, aux histoires personnelles, aux vies v\u00e9cues et impliqu\u00e9es dans l\u2019acte de lire, et aux situations de lecture, c\u2019est-\u00e0-dire un lieu, un moment, un contexte socio-historique \u00bb<\/i>. Les rencontres avec des livres et leurs lectures se font toujours \u00e0 des moments d\u00e9finis, en des lieux d\u00e9finis, dans des milieux d\u00e9finis. Prendre ceci en compte permet notamment un examen qui s\u2019av\u00e9rera certainement fertile des distances temporelles ou g\u00e9ographiques entre un livre ou un corpus et son lecteur ou sa lectrice-artiste. Nicolas Fourgeaud montrera par exemple comment Marcel Broodthaers se sert du champ litt\u00e9raire du second XIX\u00b0 si\u00e8cle comme cadre de r\u00e9f\u00e9rence \u00ab anachronique \u00bb pour commenter les d\u00e9veloppements du march\u00e9 de l\u2019art contemporain et ses effets sur l\u2019art dans les ann\u00e9es 1960. La prise en compte des contextes de lecture permettra enfin d&#8217;observer des ph\u00e9nom\u00e8nes de contemporan\u00e9it\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u0153uvre dans certaines proximit\u00e9s de pens\u00e9e entre artistes, auteurs et autrices.<\/p><p>On pourra ensuite envisager la lecture-artiste comme un style de lecture propre aux artistes. Si la lecture-artiste est une fa\u00e7on de lire, elle est multiple et individuelle, chaque artiste lisant d&#8217;une mani\u00e8re propre, qu&#8217;on pourrait appeler son style de lecture, style qu&#8217;il me semblerait pertinent d&#8217;\u00e9tudier notamment en croisant les travaux de Nathalie Heinich sur la singularit\u00e9 des artistes, ceux de J\u00e9r\u00f4me Meizoz sur la question de la posture et ceux de Marielle Mac\u00e9 sur le style.<\/p><p>Un axe de recherche important me semble \u00eatre la question de la posture adopt\u00e9e par les artistes par rapport \u00e0 leurs lectures, qui pourra \u00eatre aliment\u00e9e de l&#8217;\u00e9tude des auto-repr\u00e9sentations d&#8217;artistes en lecteurs ou lectrices. On peut d&#8217;ores et d\u00e9j\u00e0 faire l&#8217;hypoth\u00e8se qu&#8217;il existe un \u00e9ventail de postures, de l&#8217;amateurisme revendiqu\u00e9 \u00e0 la production d&#8217;une \u0153uvre \u00ab\u00a0litt\u00e9raire \u00bb par ses r\u00e9f\u00e9rences explicites \u00e0 la litt\u00e9rature, les artistes adoptant alors une posture d&#8217; \u00ab artistes litt\u00e9raires \u00bb, tandis que d&#8217;autres se pr\u00e9munissent que cette qualification. Andrea Martinez-Chauvin nous rappellera que si Jo\u00e0n Miro et Andr\u00e9 Masson se revendiquent peintres-po\u00e8tes, leurs a\u00een\u00e9s \u00ab avaient une peur folle d\u2019\u00eatre trait\u00e9s par la critique de \u00ab\u00a0peintres litt\u00e9raires \u00bb.<\/p><p>Ensuite, la lecture-artiste telle que nous l&#8217;entendons ne se cantonne pas \u00e0 la lecture de litt\u00e9rature telle qu&#8217;elle est traditionnellement circonscrite. Si les rapports des artistes \u00e0 la litt\u00e9rature constituent un sujet d&#8217;\u00e9tude tr\u00e8s pratiqu\u00e9, leurs rapports \u00e0 d&#8217;autres lectures l&#8217;est beaucoup moins. Il s&#8217;agirait ici de prendre en compte et d&#8217;\u00e9tudier les usages des artistes de lectures autres que de litt\u00e9rature, de la presse \u00e0 ce que Jean-Max Colard appelle la \u00ab litt\u00e9rature d&#8217;exposition \u00bb, des \u00e9crits th\u00e9oriques, techniques et scientifiques \u00e0 la bande-dessin\u00e9e \u2013 j&#8217;en oublie peut-\u00eatre.<\/p><p>Il s&#8217;agirait encore de ne pas se cantonner aux lectures av\u00e9r\u00e9es, ne pas se contraindre \u00e0 n&#8217;examiner que les lectures dont on pourrait fournir la preuve. Il me semble que notre recherche peut s&#8217;autoriser des libert\u00e9s et se pencher sur des lectures suppos\u00e9es par exemple, ainsi que le fait Pascal Mougin, dans son article \u00ab Mod\u00e8les litt\u00e9raires de l\u2019art contemporain : Marcelline Delbecq lectrice de Claude Simon ? \u00bb (7). Il \u00e9crit \u00ab M\u00eame si celle-ci ne mentionne pas Simon parmi les auteurs qui l\u2019ont marqu\u00e9e, l\u2019impression d\u2019une proximit\u00e9 est bien l\u00e0. \u00bb. Ainsi, une simple \u00ab impression \u00bb pr\u00e9side \u00e0 son \u00e9tude, qui s&#8217;av\u00e8re fertile et \u00e9taye cette impression.<\/p><p>Une derni\u00e8re piste : l&#8217;\u00e9thique de la lecture-artiste. On pourrait s&#8217;interroger sur l&#8217;existence d&#8217;une \u00e9thique de la lecture-artiste, l\u00e0 encore qui serait multiple. La lecture-artiste \u00e9tant lib\u00e9r\u00e9e des contraintes impos\u00e9es aux lecteurs et lectrices professionnel\u00b7les, la question du plagiat est hors de propos, de m\u00eame que le fait de trahir la pens\u00e9e d&#8217;un auteur ou d&#8217;une autrice. On pourrait d&#8217;abord interroger le rapport des artistes \u00e0 la citation et au fait de nommer ou non les auteurs, autrices et livres \u00e0 qui elles et ils empruntent, ainsi que les questions de trahison, de d\u00e9tournement, de d\u00e9formation. Cet axe pourrait ensuite s\u2019\u00e9largir aux incidences de la morale de l&#8217;artiste dans son travail sur ses lectures : ses licences et ses interdits dans ses choix et ses usages.<\/p><p>Pour finir, quelques r\u00e9flexions de m\u00e9thode, introduites par Ren\u00e9 Passeron :<\/p><p><i>\u00ab Je ne pense pas qu&#8217;une science doive avoir peur un concept confus, quand elle en fait un objet d&#8217;\u00e9tude, non un outil de travail. L&#8217;app\u00e9tit intellectuel, qui est le signe de la sant\u00e9, la porte au contraire \u00e0 s&#8217;attaquer aux concepts les plus confus, aux dossiers les plus troubles. Quand Bachelard disait que la science est avant tout \u00ab science du cach\u00e9 \u00bb, il soulignait que c&#8217;est justement l&#8217;obscur qui int\u00e9resse le chercheur. \u00bb<\/i> &#8211; et la chercheuse.<\/p><p>Pour \u00e9tudier cet objet \u00ab obscur \u00bb qu&#8217;est la lecture-artiste, de quelle mati\u00e8re, de quel corpus disposons-nous ? Il nous faudra glaner des indices dans les d\u00e9clarations des artistes, c&#8217;est-\u00e0-dire leur \u00e9crits et entretiens, et dans les traces de leurs lectures dans leurs biblioth\u00e8ques, leurs archives. On pourra enfin s&#8217;appuyer sur les t\u00e9moignages des acteurs et actrices du monde de l&#8217;art : historiens et historiennes, galeristes, critiques, curateurs et curatrices.<\/p><p>Nous pouvons \u00e9galement b\u00e9n\u00e9ficier de l&#8217;apport de diff\u00e9rents champs de recherche existants, comme l&#8217;\u00e9tude du rapport texte\/image, la litt\u00e9rature plasticienne, la litt\u00e9rature hors du livre, l&#8217;art litt\u00e9raire, l&#8217;\u00e9tude des \u00e9crits et livres d\u2019artistes, les collaborations entre artistes et \u00e9crivains\/\u00e9crivaines, la philosophie de la cr\u00e9ation, la psychanalyse et les th\u00e9ories, sociologies, psychologies, anthropologies de la r\u00e9ception et de la lecture. Il s&#8217;agira de puiser dans ces champs, dans une d\u00e9marche interdisciplinaire ou transdisciplinaire. Le panel que vous entendrez aujourd&#8217;hui travaille dans le domaine de l&#8217;histoire de l&#8217;art et sur la p\u00e9riode contemporaine : nous avons pris le parti de commencer notre r\u00e9flexion en compagnie de ces chercheurs et chercheuses, avant de nous ouvrir \u00e0 d&#8217;autres domaines et p\u00e9riodes, et d&#8217;inviter \u00e0 nous rejoindre des chercheurs en litt\u00e9rature, en sociologie, en histoire, psychologie, psychanalyse, anthropologie culturelle.<\/p><p>Pour terminer, il me semble que l&#8217;\u00e9tude de la lecture-artiste peut se faire par plusieurs entr\u00e9es. Six entr\u00e9es se dessinent, mais d&#8217;autres pourront peut-\u00eatre s&#8217;ajouter. D&#8217;abord, l&#8217;entr\u00e9e par artiste. C&#8217;est celle adopt\u00e9e par la majorit\u00e9 des intervenants et intervenantes d\u2019aujourd\u2019hui : il s&#8217;agit d&#8217;identifier les lectures d&#8217;un artiste et d&#8217;\u00e9tudier les usages qu&#8217;il en a fait.<\/p><p>On peut \u00e9galement entrer dans l&#8217;\u00e9tude par un livre et examiner les usages qui ont \u00e9t\u00e9 faits, ou ceux de l&#8217;ensemble de l\u2019\u0153uvre d&#8217;un auteur ou une autrice. C&#8217;est, par exemple, ce que nous avons choisi de faire, avec Jean-Max Colard et Julie Mendez dans L&#8217;Hypoth\u00e8se Robbe-Grillet, un centre de recherches informel qui s&#8217;int\u00e9ressent aux r\u00e9sonances de l\u2019\u0153uvre d&#8217;Alain Robbe-Grillet dans les arts contemporains.<\/p><p>Une entr\u00e9e peut se faire par le personnage litt\u00e9raire, pour \u00e9tudier son usage par les artistes, par exemple celui qu&#8217;a fait \u00c9milie Pitoiset, interpell\u00e9e par le personnage d&#8217;Oph\u00e9lie de Shakespeare, qu&#8217;elle retrouve ensuite chez Heiner M\u00fcller et \u00e0 qui elle donne une voix dans une \u0153uvre qui porte le nom de ce personnage et qui se poursuit et \u00e9volue depuis quatre ans.<\/p><p>L&#8217;entr\u00e9e dans l&#8217;\u00e9tude de la lecture-artiste peut se faire par la p\u00e9riode et sans doute pourrait-on \u00e9crire une histoire de la lecture-artiste. On sait qu&#8217;\u00e0 une p\u00e9riode donn\u00e9e de l\u2019histoire de l&#8217;art, certains livres re\u00e7oivent une attention particuli\u00e8re de la part des artistes, certains livres sont \u00e0 la mode. Ainsi \u00c9meline Jaret nous parlera dans quelques minutes de l&#8217;importance de livres tels que les <i>Probl\u00e8mes de linguistique g\u00e9n\u00e9rale<\/i> d\u2019\u00c9mile Benveniste pour certains artistes fran\u00e7ais, qui, parmi d&#8217;autres lectures, ont accompagn\u00e9 la narrativisation de l&#8217;art dans les ann\u00e9es 1970. On pourra \u00e9galement resserrer cette entr\u00e9e sur les communaut\u00e9s interpr\u00e9tatives, d\u00e9crites par Stanley Fish (8), qui permet de penser la lecture collective, comme le fera J\u00e9r\u00f4me Dupeyrat ce matin, qui nous dira que <i>\u201csi la lecture est bien une pratique subjectivante, il faut toutefois noter que cette subjectivation se construit souvent selon un processus intersubjectif, qui s&#8217;\u00e9labore autant entre l&#8217;auteur et ses lecteurs qu&#8217;entre lecteurs eux-m\u00eames.\u201d\u00a0<\/i><\/p><p>Enfin, derni\u00e8re entr\u00e9e : par m\u00e9dium. Il s&#8217;agirait de s&#8217;int\u00e9resser aux lectures des peintres, des sculpteurs ou des vid\u00e9astes par exemple, d&#8217;identifier des sp\u00e9cificit\u00e9s \u00e0 chaque m\u00e9dium et d&#8217;op\u00e9rer des comparaisons.<\/p><p>Pour conclure, je me r\u00e9jouis d&#8217;amorcer avec vous cette recherche collective, dont j&#8217;ai cherch\u00e9 \u00e0 montrer l\u2019int\u00e9r\u00eat et les enjeux, et dont je n&#8217;ai sans doute pas fait le tour. Beaucoup reste \u00e0 faire et nous t\u00e2cherons, dans les mois et ann\u00e9es qui viennent, je l&#8217;esp\u00e8re, de poursuivre avec vous l&#8217;exploration de la lecture-artiste et des perspectives de recherche qu&#8217;elle offre.<\/p><p><b>Notes<\/b><\/p><p>(1) Hans-Robert Jauss, Pour une esth\u00e9tique de la r\u00e9ception, Paris, Gallimard, 1978, p.312<\/p><p>(2) Wolfgang Iser, L&#8217;Acte de lecture. Th\u00e9orie de l&#8217;effet esth\u00e9tique, Bruxelles, Mardaga, 1985, p.156<\/p><p>(3) Marielle Mac\u00e9, Collection NRF Essais, Gallimard, 2011, p.90<\/p><p>(4) Ren\u00e9 Passeron, <i>Pour une philosophie de la cr\u00e9ation<\/i>, Paris, Klincksieck, 1989, p.16<\/p><p>(5) Ren\u00e9 Passeron, <i>Pour une philosophie de la cr\u00e9ation<\/i>, Paris, Klincksieck, 1989, p.13<\/p><p>(6) <i>Discours sur l\u2019esth\u00e9tique<\/i>, dans Paul Val\u00e9ry, <i>\u0152uvres 1<\/i>, Paris, Gallimard, \u00ab La Pl\u00e9iade \u00bb, 1957, p. 1331<\/p><p>(7) <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/tangence\/329\">https:\/\/journals.openedition.org\/tangence\/329<\/a><\/p><p>(8) Stanley Fish, <i>Quand lire c&#8217;est faire. L&#8217;autorit\u00e9 des communaut\u00e9s interpr\u00e9tatives<\/i>, trad. \u00c9tienne Dobenesque, Les Prairies Ordinaires, coll. &#8220;Penser\/Croiser&#8221;, 2007<\/p><p>&#8212;<\/p><p>colloque &#8220;La Lecture-artiste. Que font les artistes de leurs lectures ?&#8221; Centre Pompidou et INHA, 29 et 30 novembre 2018<\/p>\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<\/section>\n\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Lison No\u00ebl Bonjour \u00e0 toutes et \u00e0 tous. Merci de votre pr\u00e9sence. \u00c9meline Jaret, Jean-Max Colard, Umut Ungan et moi-m\u00eame vous souhaitons la bienvenue \u00e0 cette journ\u00e9e d&#8217;\u00e9tude qui est le deuxi\u00e8me temps de notre premier \u00e9v\u00e9nement d\u00e9but\u00e9 hier au Centre Pompidou. 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